Métal Hurlant Chronicles – partie 1/2

Hey, j’ai un scoop pour vous ! Vous savez qu’en France on fait aussi de la SF ? Si, si, j’vous jure, il n’y a pas que Doctor Who pour traiter de voyage à travers l’espace et le temps à la télévision française.
De quoi je parle ? De Métal Hurlant Chronicles, série créée par Guillaume Lubrano (Cocorico !) et dont les premiers épisodes étaient diffusés le 27 octobre (à 23h, faut pas déconner, pas en prime time quand même :p) sur France 4.

 

Petit cours de rattrapage en culture générale geek

 

Ceux qui savent déjà ce que c’est que Métal Hurlant peuvent sauter cette partie, ma critique commence juste après. Mais d’après les réactions que j’ai pu constater sur Twitter, certains ont besoin d’une petite piqure de rappel pour comprendre de quoi on cause.

A l’origine, c’est avant tout un magazine de BD fondé par les Humanoïdes Associés dont le premier numéro est paru en 1975. Tourné vers un public adulte et la SF, pas mal de grands noms vont y faire quelques modestes gribouilles (du style Moebius, fondateur du magazine, Gotlib, Bilal et plein d’autres) et la publication suit son bonhomme de chemin jusqu’à un premier arrêt en 1987 et l’abandon des soins palliatifs en 2006.

La série s’inspire donc du format d’origine, c’est-à-dire des histoires courtes, sans liens entre elles ni sur le plan des personnages, ni sur le plan de l’univers. Ca promet des choses assez variées, mais ça peut déstabiliser au début. Voyez plutôt ça comme une suite de court métrage plutôt que comme une histoire racontée sur 26 saisons comme on y est habitué 😉

Couverture du n°3 de la revue Métal Hurlant
Ah, les tentacules, les couleurs d’un gout douteux… Toute une époque !

Critique des trois premiers épisodes

 

Bon, passons aux choses sérieuses : ça donne quoi Métal Hurlant, une fois qu’on est devant sa TV ? Est-ce que ça vaut le coup de programmer sa soirée pour la rediffusion sur Nolife en janvier ? Pour ma part je vais me limiter aux trois premiers épisodes, puisque j’ai loupé la deuxième semaine. Je laisserai Pando vous en parler du coup 😉

 

1er épisode : La couronne du roi

Autant le dire tout de suite : c’est le moins bon des trois. Si je n’avais pas été si enthousiaste à l’idée de découvrir la série, j’aurais peut-être abandonné sans voir la suite d’ailleurs, et j’aurais eu tort. Ne vous laissez donc pas décourager par l’aspect ultra kitch, ce n’est pas représentatif. L’histoire en deux mots : dans un univers aux teintes médiéval fantastique, le roi, impopulaire, est sur sa fin. Son successeur sera désigné par un tournoi entre les meilleurs guerriers, sous la surveillance étroite d’une armada de robots.

J’ai dit kitch ? C’est trop gentil, j’aurais du dire cliché, tellement tout est convenu. Oh, des jolis îles qui volent, super original. Oh, des gladiateurs à moitié à poil avec des pantalons en cuir moulant. Oh, une histoire de peuple – oppressé – par – un – méchant – roi – lubrique, de gentil – sauveur – un – peu – niais, d’égoïste – narcissique – qui – fait – moins – le – malin – avec – la – gorge ouverte… Sérieux, ils nous on même fait le coup du gentil – mais – torturé – fils – caché – du – méchant. Autant de poncifs en vingt minutes, sérieux… Waow. Il ne manque que la nunuche qui se fait kidnapper au casting (là, je me serais tiré une balle). Je ne vous spoil pas la toute fin, mais elle n’a rien d’intéressant, avec des effets spéciaux pourris en bonus.

Certes, tout n’est pas à jeter. Les robots dans un univers med-fan, c’est plutôt sympa, même s’ils ne servent pas à grand-chose. Qui dit gladiateur dit aussi plein de combats et les chorégraphies sont plutôt bien foutues, si on excepte la tonne de ralenti et le fanservice à outrance. Parce que oui, si le scénario est d’une platitude navrante, ce n’est pas le cas du cul des acteurs (les pantalons en cuir ne sont pas là pour rien.) C’est un peu le seul truc qui reste à regarder du coup. C’est une diversion comme une autre après tout.

Bref, vous l’aurez compris, mon bel enthousiasme était bien douché. Mais ne partez pas trop vite, ça s’améliore après 😉 !

Ouh, du fanservice avec des tétons !
J’ai vraiment rien trouvé de plus intéressant à vous montrer pour cet épisode.
 

Episode 2 : Protège-moi

L’épisode spécial fan du Buffy avec James Marsters… Ceci dit en bonne inculte j’ai découvert l’acteur avec cet épisode donc ça n’a pas influencé mon jugement. Donc quand je vous dit que c’est le meilleur des trois, vous pouvez me croire 😀

Enfin, le meilleur, je ne sais pas. Mon préféré en tout cas. Petit résumé : une jeune fille se réveille dans un lieu qu’elle ne connait pas, en présence de son voisin bizarre, qui va lui annoncé que la fin du monde a eu lieu, qu’il l’a protégée en l’emmenant dans son abri et qu’ils sont peut-être les deux seuls survivants. D’accord, là non plus, on n’est pas dans l’originalité la plus folle, mais je l’ai trouvé bien mieux géré, écrit, joué etc. que le premier épisode.

On pourra peut être lui reprocher de ne pas être vraiment dans la thématique SFFF. Ok, c’est du post-apocalyptique sur le papier, mais on n’en voit pas la couleur. Ca ne m’a pas du tout dérangée, la situation un poil rétro et le côté huis clos ont suffit à me séduire. Le jeu des acteurs est franchement bon, je comprends à 100% les fans de Marsters à présent (il a vraiment une sacrée classe.) Si le scénario parait prévisible à certains, ça n’a pas été mon cas et il m’aura fait douter jusqu’au bout… En somme : classique mais efficace, totalement ma came !

Vasy kestu mveux toi !
Allez, pas la peine de stresser ma belle, c’est juste la fin du monde !
J’étais bien contente de ne pas avoir abandonné tout de suite et j’avais hâte de voir ce qu’ils nous avaient gardé pour la fin…

 

Episode 3 : Lumière rouge / réalité glaçante

Le dernier épisode pour finir la soirée, et forcément le plus WTF. Ils ont du se dire que ce serait plus efficace aux alentours de minuit, quand le cerveau commencé à fatiguer. Donc, comme le titre l’indique, deux histoires différentes pour un seul épisode (alors que la moitié des téléspectateurs n’avaient déjà pas compris le principe des épisodes indépendants d’après Twitter :p.) A noter aussi que cet épisode a été tourné en français, donc si vous êtes un fervent défenseur de la VO…

J’ai beaucoup aimé la première partie, où on suit un prisonnier enfermé dans une cellule éclairée par une lumière rouge en permanence (d’où le titre.) Tout se joue sur l’esthétique de l’épisode, très monochrome forcément, voire carrément saturé par moment. Donc oui, faut aimer le rouge, c’est peut-être parce que c’est ma couleur préférée que j’ai autant apprécié, allez savoir ! Encore une fois c’est du très court, de l’ultra condensé, on se concentre sur une seule et unique idée, ici plus dans le style Metal Gear Solid (infiltration / bourrin quand il le faut) avec son petit twist final sympa. On ne change donc pas la formule, mais forcément, plus la durée est réduite, plus c’est conceptuel.

Un titre... honnête
Je vous avait prévenu que c’était rouge…

La dernière partie prend sur elle d’expliquer un peu le principe du métal hurlant, mieux vaut tard que jamais ; même si je n’ai pas trouvé ça super utile, ça peut aider certains d’avoir un minimum de fil conducteur (bande de faibles.) D’une manière générale, j’ai trouvé le tout un peu trop démonstratif : dans un futur lointain, un corps cryogénisé a été découvert lors de fouilles et s’ensuit un long discours sur les changements opérés par la société, l’utilité et la place de chacun, tout ça sur le registre dystopique, pour finir avec une petite morale assez convenue. Le twist ne suffit pas à rattraper le coup à mon avis. Mais c’est peut être parce que je viens de lire le Neuromancien et Fahrenheit 451, dans le genre la comparaison est peut-être un peu rude…

 

Bilan

 

Je vais faire bref. Si vous êtes arrivés là, vous avez déjà une idée de mon avis général. Si vous avez juste sauté les paragraphes précédents, vous ne méritez pas une critique détaillée, na >=D
Globalement, j’ai passé une bonne soirée en regardant ces trois épisodes. Ce n’est pas la série du siècle, c’est sûr. Même en terme de série française, je pense qu’on fait mieux (les mecs de French Nerd avec Le visiteur du futur par exemple.) Mais on ne va pas bouder son plaisir ! Le pari de la SFFF et du format proche du court-métrage était risqué, il est relevé de manière plus qu’honorable. De toute façon, avec la variété des épisodes, vous trouverez forcément votre bonheur, ne vous laissez donc pas arrêter parce que l’un d’eux vous plait moins. Goûter à un peu de tout, c’est ça tout l’intérêt d’une série comme Métal Hurlant ! Donc, pour ceux qui n’ont pas suivi, RDV sur Nolife en janvier pour (re)voir tout ça !

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