[Review] H.P. Lovecraft et A. Derleth – Le rôdeur devant le seuil (roman, J’ai Lu)

Cette revue est publiée en parallèle de celle que j’ai écrite sur le site Babelio.

RodeurDevantLeSeuil

Le rôdeur devant le seuil est un roman qu’August Derleth, grand ami de Lovecraft, termina à partir d’un manuscrit de ce dernier, c’est pourquoi le roman porte le nom des deux auteurs.

Que peut-on en dire ?
Déjà que c’est un roman très proche de celles qu’a déjà écrit Lovecraft: il est ici question d’envoûtements et d’invocations de créatures maléfiques, mais le style et l’histoire sont globalement en-dessous que ce à quoi Lovecraft avait habitué ses lecteurs.

Si vous avez déjà lu l’Abomination de Dunwich ou l’Affaire Charles Dexter Ward de Lovecraft, l’histoire est ici extrêmement similaire. Ensuite, le roman a principalement été écrit par August Derleth, se basant sur un manuscrit de Lovecraft. Je trouve que cela se ressent beaucoup à la lecture. J’ai pensé à de nombreuses reprises que son style d’écriture n’était pas aussi élégant que celui de Lovecraft. D’où une certaine déception, si tenté que ce ne soit pas la faute de la traduction. J’ai aussi été un peu gêné par quelques (rares) phrases du livre à connotation ouvertement raciste.

On sent également dans ce livre, notamment dans la troisième partie, la volonté de Derleth de fournir un « cadre » au Mythe des Grands Anciens imaginé par Lovecraft, en inventant davantage de relations et d’éléments d’histoire concernant les grands Anciens que ce à quoi Lovecraft, qui laissait planer un large voile de mystère sur ces créatures extraterrestres, s’était toujours cantonné. C’est une pomme de discorde  : si on peut considérer les ajouts de Derleth comme un point positif, car la cohérence et la complexité de l’univers qu’a apportées Derleth (entre autres) font probablement partie des éléments du Mythe de Cthulhu qui ont aidé à le rendre si populaire, ils introduisent également une part de manichéisme dans le Mythe de Cthulhu qui n’existait absolument pas dans les œuvres originelles de Lovecraft.

Au final, le livre n’est pas mauvais, mais n’apporte pas beaucoup de nouveautés par rapport au reste du Mythe et est globalement moins bien écrit que d’autres œuvres de Lovecraft. Je pense que ce livre est à réserver aux fans du Mythe de Cthulhu qui cherchent un livre un peu plus conséquent qu’une nouvelle à se mettre sous la dent, ainsi qu’aux fans du Dieu malfaisant Yog-Sothoth car, comme dans l’Abomination de Dunwich et L’Affaire Charles Dexter Ward, il est ici question de sorciers maléfiques affiliés au culte de Yog-Sothoth. Les amateurs apprécieront.

Verdict : à réserver aux fans absolus du Mythe de Cthulhu, et encore. Vous ne ratez pas grand-chose.

 

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